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Le Courrier des Addictions |
Mars 2012 |
ÉDITORIAL
Crise économique, révolution numérique, contrefaçon du métier de la
presse, dérapages des médias grand public sur les sujets de santé, image
ternie du monde médical, monopole de l’indexation des revues en
langue anglaise...
Claudie Damour-Terrasson
Le 2 novembre 2011 a eu lieu la première journée de “La Guilde”,
réseau francophone de cliniciens travaillant sur les questions de
“cyberaddiction”, et particulièrement “d’addiction aux jeux vidéo”.
Marc Valleur
ENTRETIEN
Mais qu’est-ce qui mobilise tant Claude Lejeune, 70 ans
(à peine), pédiatre néonatologiste, professeur des universités,
praticien hospitalier, et retraité hospitalo-universitaire de
fraîche date ?
Propos recueillis par Florence Arnold-Richez
MISES AU POINT
Jusqu’à une date récente, les approches thérapeutiques des addictions recherchaient
le traitement unique capable de résoudre tous les problèmes. En fait, il n’en
est rien. Les traitements médicamenteux actuels des addictions ont pour but d’agir
sur les symptômes de sevrage, présents lorsqu’il existe une dépendance physique.
Les résultats sont d’autant plus favorables que celle-ci est plus importante, à condition
que les doses soient adaptées au besoin du sujet.
Mais ces médications n’influencent pas, au moins dans les stratégies actuelles d’utilisation,
l’addiction c'est-à-dire la perte du contrôle de la consommation. Elle peut
exister en l’absence de toute dépendance physique, et persister après sa disparition. La
traduction essentielle en est le “craving”, la pulsion irrésistible à reprendre la drogue
en l’absence même du besoin physique. Les facteurs responsables en sont multiples :
soit les circonstances de l’environnement, les “stimulis évocateurs” ou “déclencheurs”,
la “cue reactivity”, soit des situations émotionnelles, négatives (événements
stressants), mais également positives (fêtes, détente, etc.).
Le mécanisme du “craving” apparaît différent de celui du syndrome de sevrage.
Les processus neurobiologiques responsables impliqueraient les systèmes gabaergiques
et glutamatergiques,
Des médications spécifiques seraient alors nécessaires, tels certains “anticonvulsivants”
: topiramate, gabapantine, valproate, baclofène (1). Des résultats expérimentaux
et cliniques s’inscrivent en faveur de ce concept.
Ces dernières années, le dogme de l’arrêt brutal et total a été progressivement abandonné,
tout d’abord pour l’héroïne et ensuite pour les autres substances. L’objectif principal
est alors la réduction des risques obtenue par une diminution importante et prolongée
des quantités consommées de la drogue et des médicaments de remplacement.
Didier Touzeau, Gilbert Lagrue
FOCUS
Certains héroïnomanes sont âgés de plus de 40 ans lorsqu’ils effectuent leur première
démarche de soins en institution. Il n’est pas rare qu’un suivi psychothérapique soit
alors mis en place. Divers signes corrèlent l’engagement dans ce type d’aide, parmi
lesquels : une représentation réaliste des limites des traitements de substitution aux
opiacés, une capacité à témoigner de manière réfléchie de l’expérience toxicomaniaque,
l’établissement de liens spontanés entre des événements de vie marquants et
le comportement d’intoxication et une capacité forte à accueillir la tristesse et l’inachèvement,
ainsi qu’à faire preuve d’humour. Sur le plan intrapsychique, le désir de
remaniement de ces sujets “addictés” qui ont atteint le “midi” de la vie est soutenu par
l’intuition qu’une confrontation transformatrice avec la souffrance harcelante qui a
fondé leur recours à la toxicomanie psychosédative est désormais possible
Pascal Hachet
Psychanalyse et neurobiologie diffèrent. On suppose, à tort, que la psychanalyse
aurait produit une théorie de l’esprit. Or, tel n’est pas son objet. Elle se soucie de
l’inconscient comme fait de langage. L’approche thérapeutique qui en découle ne
relève d’aucun apprentissage.
George-Henri Melenotte
DOSSIER
Addictions aux jeux, à Internet, au travail, aux achats, au sexe, à l’amour, au suicide,
aux auto-mutilations… et, bien sûr, toujours aux substances licites et illicites : l’addictologie,
portée sur les fons baptismaux dans le milieu des années 1990, aurait-elle
poussé le bouchon trop loin, interrogeaient les différents spécialistes réunis à Paris
le 8 décembre dernier pour une journée de réflexion de la Société d’addictologie
francophone autour de la médicalisation des addictions ?
Florence Arnold-Richez
L’éducation thérapeutique est une séduisante conception au service d’une noble
intentionnalité.
Patrice Nominé
JOURNEES
L’addiction aux jeux vidéo s’invite régulièrement dans les médias, les échanges familiaux,
les rencontres addictologiques et psychiatriques.
F. Arnold-Richez
Au cours de ces rencontres, organisées
par le CRIPS-Île-de-France, animées
par Hélène Cardin, journaliste,
3 études ont été présentées : Pri2DE, Priminject
et AERLI
F. Arnold-Richez
CONGRÈS
Plusieurs centaines de professionnels ont pu échanger
sur les thèmes d’actualité clinique, thérapeutique
et fondamentale lors du 5e congrès de la Société française
de tabacologie qui s’est tenu à Nancy les 17 et
18 novembre dernier.
Alain Dervaux
Le 24e congrès de l’ECNP, réunissant 8 000 participants, a abordé les actualités en
neuropsychopharmacologie clinique et fondamentale, notamment sur des thèmes
addictologiques.
Alain Dervaux
LIVRES
• Nos ados.com en images : Comment les soigner, Dr Xavier Pommereau
• TOX – Comment je suis
mort et ressuscité, Marc Rioufol
• Opium Poppy, Hubert Haddad
• Drogues : faut-il interdire ? Jean-Pierre Couteron, Alain Morel
• La société en jeu(x)
Le laboratoire social des jeux en ligne, Sylvie Craipeau