Les définitions de la vieillesse, quel
que soit le champ auquel on se
réfère, n’ont guère évolué depuis la
fin du xxe siècle. Elles restent empreintes
d’une vision négative qui est fortement
alimentée par les besoins socio-économiques
croissants de la société vieillissante,
avec le spectre de la déferlante
démographique des seniors nés pendant
le baby-boom de l’après-guerre.
M. Benoit
La démotivation de la personne âgée constitue une dynamique acquise de déconstruction de l’élan motivationnel
par la confrontation amère entre, d’un côté, une autonomie qui fléchit et, de l’autre, une dépendance
qui n’est pas acceptée. Dans cette ambivalence, des problématiques psychosociales aggravent les
conséquences des maladies.
C. Hazif-Thomas, P. Thomas, M. Walter
Banalisée, la demande en chirurgie de rajeunissement s’accroît sans cesse. Dans une société à la fois scientiste
et hédoniste, elle semble satisfaire à à une injonction inconsciente qui s’impose à tous avec une certaine
violence : “Tu ne dois pas vieillir !” La jeunesse devient dans ce contexte un vecteur central de l’intégration
sociale. Une souffrance véritable peut naître de la confrontation entre “image de soi” et “regard de
l’autre”. La réflexion sur la chirurgie du rajeunissement s’inscrit alors dans un questionnement plus large
sur le sens de la vieillesse et le traitement et la place réservés aux personnes âgées dans notre société.
T. Awada, J.C. Weber
Les pathologies cognitives sont des affections fréquentes du sujet âgé. La difficulté de leur prise en charge
est surtout conditionnée par l’existence et l’intensité des troubles du comportement. Certains profils de
personnalité pourraient être des facteurs de risque d’évolution démentielle et, une fois la maladie installée,
contribuer à favoriser l’émergence de certains troubles du comportement. La prise en considération de la
personnalité antérieure est un élément clinique permettant de mieux comprendre les troubles du comportement
et de mieux déterminer les approches thérapeutiques non médicamenteuses.
J.M. Dorey, C. Padovan
Le suicide est un enjeu de santé publique, avec plus de 10 000 décès enregistrés chaque année en France,
dont 28 % sont ceux de personnes âgées de plus de 65 ans. Les raisons de cette surmortalité liée à l’âge
sont encore mal comprises. Il n’est pas exclu qu’elles puissent être pour partie la conséquence de modifications
propres au vieillissement, en particulier des performances cognitives. Les fonctions exécutives
sont parmi les fonctions cognitives les plus sensibles au vieillissement. Elles sont également sensibles à
l’état thymique du sujet, et elles participent et modulent l’expression symptomatique de la dépression de
la personne âgée. L’interaction entre vieillissement, dépression et dysfonctionnement cognitif et exécutif
vient-elle favoriser l’émergence d’idéations suicidaires et, a fortiori, le passage à l’acte autoagressif ?
S. Richard-Devantoy
»» Les principes de la psychothérapie du sujet âgé ne concernent pas seulement les techniques spécialisées
mais s’appliquent également à la psychothérapie de soutien et à l’accompagnement en fin de
vie qui exigent la même qualité d’écoute et de présence, y compris dans sa continuité.
»» Le transfert du patient âgé, en tant que demande d’amour et d’écoute, est d’autant plus immédiat
et massif que le sujet subit la carence affective induite par la vie en établissement gériatrique. En
contrepartie, l’analyse du contre-transfert ne doit écarter ni les sentiments négatifs ni les interactions
attribuées à l’état somatique ou aux impératifs institutionnels.
»» Le patient âgé n’attend pas forcément de nous des réponses aux questions difficiles que lui posent
la vieillesse et l’approche de la mort mais il a besoin de se sentir écouté lorsqu’il énonce ces questions,
surtout lorsqu’il entre en fin de vie.
P.M. Charazac
Nous rapportons les modalités et les résultats du traitement par la thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization
and Reprocessing) des traumas infantiles d’un auteur d’actes pédophiles, plusieurs fois incarcéré,
traité par 2 antiandrogènes, victime lui-même d’expériences traumatiques complexes dans l’enfance :
l’EMDR a eu un impact favorable, après 8 mois de traitement, non seulement sur l’état de stress posttraumatique,
mais sur le comportement pédophilique persistant sous antiandrogènes. Le niveau d’anxiété
(score BAI-21 [1]) s’est normalisé en 5 séances de thérapie, et l’indice de satisfaction de la qualité de vie
(Schwartz Outcome Scale [2]) a été multiplié par 5. Le protocole EMDR semble ainsi prometteur pour la
prise en charge des auteurs de violence sexuelle.
C. de Beaurepaire, F. Haour
Le diagnostic de trouble bipolaire est surtout défini par la survenue d’épisodes de manie ou d’hypomanie.
Pourtant, dans la majorité des cas, les symptômes et les épisodes dépressifs dominent le cours de la maladie.
Le diagnostic des dépressions bipolaires reste difficile et leur traitement est beaucoup moins bien défini
que celui de la manie ou de la prévention des décompensations.
P. Thomas
L’asénapine est un antipsychotique atypique développé en Europe pour le traitement du trouble bipolaire.
Elle est indiquée aux États-Unis dans la schizophrénie et le trouble bipolaire.
Sa structure est proche de celles de la clozapine et de l’olanzapine, mais son profil pharmacologique particulier
est intéressant en termes d’efficacité et de tolérance. Elle présente une forte affinité pour un grand
nombre de récepteurs sérotoninergiques (notamment 2A, 2B, 2C, 6 et 7), dopaminergiques (D2 et D3) et
adrénergiques, une affinité moindre pour les récepteurs H1 et négligeable pour les récepteurs muscariniques.
De plus, à l’instar de la clozapine, elle permettrait une facilitation de la transmission glutamatergique
au niveau du cortex préfrontal, qui pourrait cibler les troubles cognitifs associés aux troubles bipolaires.
A. Gaillard, R. Gaillard