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>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Psychiatre >> N° 2 - Avril 2012

La Lettre du Psychiatre

Avril 2012
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EDITORIAL

Addiction : pour un autre regard

Le regard que le profane porte sur le toxicomane, effrayé qu’il est par son comportement agressif, son manque de maîtrise, ou sa violence, lui fait concevoir – dans une sorte d’évidence immédiate – la radicalité de la différence de comportement entre toxicomanes et population saine. Notre observateur, conforté dans son analyse par la répétition de cette observation, identifie ainsi les caractéristiques du toxicomane : l’outrance, la prise continue de risque, la diversité comportementale – forme de survie face aux situations extrêmes qu’il rencontre.
P. Nuss

ACTUALITÉS - SCIENCES

Revue critique de la littérature

• Rémission de la dépression sévère sans effets indésirables : comparaison entre l’escitalopram et des inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline
• Addiction et cognition : quelques données de la littérature scientifique récente
• Effet sur la mémoire de la méthadone en administration chronique et aiguë chez l’animal de laboratoire
• Usages et effets de la kétamine
• Effets du sevrage et de la consommation chronique de drogues sur la cognition : une revue de la littérature
Coordonné par E. Bacon

MISE AU POINT

Pour une stratégie holistique du traitement des addictions : de la pensée unique à la pluralité de modèles

Jusqu’à une date récente, les approches thérapeutiques des addictions recherchaient le traitement unique capable de tout résoudre. Les traitements médicamenteux actuels ont pour but d’agir sur les symptômes de sevrage, présents lorsqu’il existe une dépendance physique. Mais ces médications n’influencent pas l’addiction, soit la perte du contrôle de la consommation, qui peut exister en l’absence de toute dépendance physique et persister après sa disparition. La traduction essentielle en est le “craving”, pulsion irrésistible à reprendre la drogue en l’absence même du besoin physique. Le mécanisme du “craving” diffère de celui du syndrome de sevrage. Les processus neurobiologiques responsables impliqueraient les systèmes gabaergiques et glutamatergiques. Des médications spécifiques seraient alors nécessaires, tels certains “anticonvulsivants” : topiramate, gabapantine, valproate, baclofène (1). Des résultats expérimentaux et cliniques s’inscrivent en faveur de ce concept. Ces dernières années, le dogme de l’arrêt brutal et total a été progressivement abandonné. L’objectif principal est la réduction des risques obtenue par une diminution importante et prolongée des quantités consommées de la drogue et des médicaments de remplacement.
D. Touzeau, G. Lagrue

Neurobiologie du cannabis

Les principaux effets cérébraux du tétrahydrocannabinol, le principe actif majeur du chanvre indien, sont évoqués sous l’angle de ses particularités pharmacocinétiques, des récepteurs par la stimulation desquels il agit, qui sont ceux de substances endogènes, les endocannabinoïdes, dont il caricature les effets. Une attention particulière est portée aux dépendances psychique et physique qu’il induit, à ses relations avec d’autres toxicomanies, aux perturbations cognitives qu’il produit et à ses relations avec l’anxiété, avec la dépression et avec la schizophrénie. Tous ces éléments s’inscrivent en complète rupture avec la banalisation que certains s’appliquent encore à diffuser.
J. Costentin

VIE PROFESSIONNELLE

Enquête auprès des internes de psychiatrie sur la formation aux psychothérapies

Après avoir mené une enquête sur la recherche durant l’internat, l’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie (AFFEP) a choisi de s’intéresser à la formation des internes aux psychothérapies. Les résultats de cette enquête ont été présentés lors de la 11e Journée de l’interne, en mars 2011 à Paris, et lors du Congrès français de psychiatrie, à Lille, en décembre de la même année.
M. Azoulay, A. Van Effenterre

Le développement professionnel continu : la révolution de velours

C’était prévu dans la loi Hôpitalpatient- santé-territoires (HPST), rappelé dans la nouvelle convention signée en 2011 : le développement professionnel continu (DPC) est aujourd’hui une réalité. Il fallait en effet que les décrets d’application et la publication au Journal officiel soient effectifs pour que tout un chacun puisse enfin savoir à quoi ressembleraient l’organisation, les modalités et − en partie − le contenu du DPC.
E. Senbel



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