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>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Psychiatre >> N° 6 - Décembre 2011

La Lettre du Psychiatre

Décembre 2011
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Pour une approche dynamique de la vieillesse
A dynamic approach of aging

M. Benoit*

Les définitions de la vieillesse, quel que soit le champ auquel on se réfère, n’ont guère évolué depuis la fin du xxe siècle. Elles restent empreintes d’une vision négative qui est fortement alimentée par les besoins socio-économiques croissants de la société vieillissante, avec le spectre de la déferlante démographique des seniors nés pendant le baby-boom de l’après-guerre.
Au-delà des statistiques alarmantes sur l’incidence prévisible des démences et de la dépendance, il est important de se pencher sur certains aspects dynamiques du vieillissement et de ses représentations. Deux courants s’opposent, l’un ayant la vision du déclin inexorable des personnes âgées, l’autre considérant les troisième et quatrième âges comme un processus actif.
Ces conceptions contraires influencent notre façon d’appréhender ce que pourrait être le bien-vieillir et surtout notre façon d’apprécier les mouvements psychologiques et les maladies neuropsychiatriques liées à l’âge. Une meilleure connaissance des facteurs de risque des pathologies de la cognition ou de l’humeur nous enseigne de plus en plus que ces affections sont moins souvent une rupture dans le parcours de l’individu qu’une modalité évolutive dans un continuum, sous l’influence permanente de facteurs génétiques, psychopathologiques et environnementaux. Ce constat renforce l’intérêt qu’il y a à promouvoir une psychiatrie de la personne âgée, branche légitime de la psychiatrie d’adultes d’où elle tire tous ses modèles pathogéniques et qu’elle enrichit du repérage de facteurs liés au vieillissement.
Les auteurs des articles de ce dossier thématique de La Lettre du Psychiatre proposent quelques éclairages sur une approche dynamique de la vieillesse, sur ses masques psychopathologiques, mais aussi sur ses adaptations et ses perspectives thérapeutiques, qui ne diffèrent pas dans leur nature de celles proposées aux adultes plus jeunes. Ils démontrent qu’il est possible – et enrichissant – de ne pas juger les étapes tardives de la vie comme étant des ruptures imprévisibles et irrémédiables, afin de lutter contre la stigmatisation dont sont trop souvent victimes les personnes âgées. Ainsi, ils nous interrogent sur la définition moderne du vieillir.

* Clinique de psychiatrie et de psychologie médicale (Pr D. Pringuey), pavillon M hôpital Pasteur, CHU de Nice.



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